Automobile : La Puli, l’ambitieuse conquête hongroise du marché français qui a tourné court…
Dans le monde impitoyable de l’automobile, il existe des idées si folles qu'elles pourraient très bien avoir été concoctées un soir d'ivresse entre amis. La Puli, ce microcar hongrois, est l'un de ces projets farfelus qui a tenté de conquérir le marché français avec l’enthousiasme d’un adolescent en quête de gloire. Le décor est planté : la Hongrie des années 80, un pays en proie aux difficultés économiques, où l'on décide de jouer à David contre Goliath. Mais, hélas, tout ce dont se rend compte David, c’est qu’il n'a absolument pas de fronde…
Une idée lumineuse ou un coup d'épée dans l'eau ?
La Puli est née d’un calcul économique : pourquoi rivaliser avec des géants comme Volkswagen ou Renault quand on peut simplement se glisser dans une niche? Cette niche, c'était celle des voitures sans permis, où Aixam flambait sur les routes françaises, comme une flamme incandescent au milieu d’un océan de vanité. La Hongrie, au lieu de tirer son épingle du jeu, a décidé de sortir une voiture qui ressemblait plus à un enfant malade des années 80 qu’à un modèle digne de ce nom.
Les origines douteuses de la Puli
Construite par Hódgép, un fabricant de tracteurs, le projet est financé avec un budget riquiqui, à peine suffisant pour acheter des boulons. Les premiers prototypes, fruits d'une industrialisation au rabais, apparaissent comme des engins désespérément sous-alimentés, assemblés à partir de pièces récupérées chez Škoda, Lada et tutti quanti. Sur le papier, cette innovation semblait prometteuse : un moteur de 274 cm³, léger comme une plume, mais puissant comme un pet de mouche, assurant une vitesse maximale de… 45 km/h. C’était évidemment le moment où l’on aurait dû s’arrêter et se demander si ce n’était pas un gag.
Le rêve brisé d’une croisade française
L'histoire aurait pu tourner différemment si Jean-Jacques Poch, ambitieux importateur de Lada en France, avait eu la bonne idée d’ignorer l’état désastreux de l’usine. Avec sa présence sur le marché, il imaginait déjà que la Puli rentrerait en force dans l'héritage de la légende française de la sans permis. Mais au lieu de trouver une automobile prêt à conquérir, il découvre une épave sur roues, avec des sièges imbibés d’huile et un bruit qui ferait rougir une tondeuse à gazon.
La chute inéluctable
Les tentatives de commercialisation échouent, et le rêve hongrois de conquête se transforme rapidement en une débandade. Contraints de se concentrer sur le marché local, ils n'arrivent même pas à convaincre la poste hongroise d’acheter ces cochonneries. Si les véhicules électriques de la deuxième chance de la Puli, fabriqués quelques années plus tard, espéraient une meilleure destinée, le sort s'acharne. Au final, cette échec commercial ne laisse derrière lui qu'un souvenir amer : la faillite définitive de l'entreprise en 1996, au terme de dix longues années d'errances. Étrangement, l’histoire de la Puli, c'est comme celle de tout un chacun dans cette ère : on croit au potentiel, mais parfois, la réalité semble avoir une réjouissante cruauté.
Source: www.leprogres.fr
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