Dans un hangar secret près de Castellane, un homme conserve 120 Citroën quasi neuves datant de 1938
Avec la cacophonie moderne des voitures électriques et des SUV qui se ressemblent tous plus que des jumeaux siamois, il est rafraîchissant de tomber sur un hommage au génie automobile, et quoi de mieux qu’un hangar secret à Castellane pour abriter des trésors rouleaux du passé ? Au cœur de ce sanctuaire, un homme, Henri Fradet, a rassemblé non pas une, mais cent vingt Citroën, chaque modèle parlant d’une époque où les voitures avaient du caractère, et non des forfaits mensuels de téléphone à la gomme.
Ce musée privé, loin des allées glaçées des grands établissements de la capitale, bat le Conservatoire Citroën à plates coutures. Ici, c’est l’histoire d’un homme dont l’obsession semble rivaliser avec celle d’un collectionneur de timbres, sauf que ces timbres pèsent plusieurs tonnes. Henri, ce fou de la carrosserie française, ne cherche pas à restaurer. Non, pas du tout. Il sillonne la France et ses contrées, chassant ces voitures anciennes qui n’ont pas vu le bitume depuis des lustres.
Une collection qui défie le temps
Le hangar, ou plutôt ce temple de la nostalgie, abrite une ménagerie motorisée à couper le souffle, allant de la Traction Avant de 1952 à des modèles plus contemporains des années 90. N’est-il pas plaisant de penser qu’en 2026, on puisse encore admirer ces automobiles classiques, soigneusement préservées comme des capsules temporelles ? Imaginez les histoires que ces modèles pourraient raconter s’ils savaient parler.
- Traction 15/6 de 1952 : Un vrai chef-d'œuvre aux courbes élégantes.
- DS de 1955 : Le Graal automobile, la plus ancienne DS de série connue !
- 2CV : La voiture qui a mis la France sur roues, avec plus de charisme que beaucoup de politiciens d’aujourd’hui.
Ce qui distingue Henri, c’est sa règle d’or : il ne déniche que les voitures quasi neuves, celles qui ont eu la bonté de ne pas accumuler les kilomètres comme les mauvaises habitudes. La plupart de ces bijoux affichent moins de 20 000 km, un chiffre qui évoque davantage une voiture de démonstration qu'un épave roulante. Un paradoxe ? Peut-être, mais c’est aussi ce qui rend cette collection fascinante.
L’héritage d’un passionné
Dans ce musée, chaque véhicule est un chapitre d'une collection de voitures qui parle d’un patrimoine automobile que l’on a souvent tendance à oublier. Le troisième hall, par exemple, regorge de youngtimers qui, au grand dam des amateurs de modernité, sont des rappels criants de ce que l’avenir pourrait encore être. Comment peut-on se complaire dans des voitures qui ne sont finalement que des ordinateurs sur roues ?
Un lieu à visiter
Le musée, ouvert d’avril à octobre pour un modeste prix d’entrée, est le genre d’endroit où il est presque garantie d’y croiser Henri lui-même. Sa passion est palpable, et même si son hangar ne rivalise pas avec des monuments d’art moderne, il raconte une histoire qui mérite d’être entendue. Qui d'autre passerait quarante ans à traquer des voitures anciennes ? Si cela ne suscite pas l'admiration, peu importe combien de badges écologiques vous pouvez coller sur votre SUV.
Alors, la prochaine fois que vous arpentez la Route Napoléon, pensez à faire une halte. Un trésor roulant vous attend derrière un simple mur de tôle. Ces voitures quasi neuves, loin d'être des pièces de musée classiques, sont des témoins de l’évolution d’une époque où l’on pouvait encore conduire des voitures au caractère bien trempé — et non des produits usinés qui passent inaperçus comme l’accent d’un touriste à Paris.
Source: www.letribunaldunet.fr
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