Volkswagen fait le point sur sa gamme « ID »
Dans un monde où le verdissement est devenu une véritable religion, Volkswagen a joué aux expédients avec sa gamme « ID ». Imaginez un instant que cette marque allemande, jadis synonyme de robustesse et de fiabilité, ait décidé de s’aventurer dans les contrées éthérées du tout électrique, comme un adolescent euphorique découvrant la liberté. Après avoir engendré une pléthore de modèles en deux ans — six, rien que ça, en Europe — la nouvelle d’un retour à un vocabulaire plus traditionnel serait plutôt réjouissante si elle ne sonnait pas comme un aveu d’échec.
La fin d’une époque ou simple diversion ?
Le patron de Volkswagen, Thomas Schäffer, a donc décidé de balayer d’un revers de la main la nomenclature aussi abstraite que mal sentie, qui caractérisait la gamme ID. Pourquoi ces initiales surréalistes, plus réservées à un projet de science-fiction qu’à des voitures ? La volonté de faire table rase est si évidente qu’on pourrait s’attendre à ce que la prochaine génération d’électriques se nomme « Polo électriques sortis d’un centre de recyclage ».
Les conséquences d’un changement de cap
Volkswagen ne jette pas par la fenêtre ses modèles électriques, amusez-vous à le penser, ce serait trop facile. Au contraire, il s’agit d’une redéfinition. L’ID.2All, prévu pour faire ses débuts au Salon de Munich, pourrait revêtir un nom bien connu, comme « e-Polo ». La tentation de clamer haut et fort que cette citadine électrique rivalisera avec la Renault 5 ou la Fiat Grande Panda est pressante. Qui dira que la « nouvelle Polo » ne sera qu’une énième réinvention du vernis électrisant sur une vieille recette ?
Un sauve-qui-peut ambivalent
À l’heure où les concurrents comme Renault, Hyundai, Kia et même l’armada des marques Peugeot, Citroën et DS Automobiles s’affichent avec fierté sous des noms à consonance sympathique, Volkswagen fait mine de retrouver son bon vieux sens du pragmatisme. Mais en réalité, ce changement n’est qu’une manœuvre naviguant entre la nostalgie et l’envie d’être reconnu. Le fait que l’ID.7 pourrait abandonner son badge pour devenir « e-Passat » ne facilite pas la compréhension du futur. Peut-on réellement mettre au rencard des noms qui, par leurs accronymes militaires, semblaient plus porter l’avenir sur leurs épaules ?
Quand la banalité devient une stratégie
Backing the shift, LEGO et Playmobil pourraient enseigner à Volkswagen comment créer des répliques de véhicules à succès, à base de modèles historiques. Pourquoi ne pas s’inspirer de l’ID.Buzz pour un petit « e-Transporter » ? Historiquement, le Transporter a été une icône, alors pourquoi pas remettre au goût du jour ce monument avec un zeste de modernisme ? La promesse de fin des « ID » est là, mais la profondeur du changement doit encore être sondée. On ne change pas un nom sans peser sur l’âme de la machine qui porte ce nom.
Le défi reste entier pour cette marque phare de l’automobile. Une modernité en accord avec son héritage et une pertinence différenciatrice dans un marché saturé, voilà les enjeux cruciaux. Volkswagen devra prouver que ce virage n’est pas une simple pirouette marketing, mais bien une réflexion mûrie sur son identité. Dans un monde où l’avenir est déjà sur la route, la quête d’une appellation révélatrice s’avère plus que jamais mosaïque de compteurs stridents et de concepts flous.
Source: www.20minutes.fr
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